Enfin je peux vous raconter qu’il y a déjà 3 semaines de cela, j’étais en Suède pour voir Kent en concert. Il faut dire les choses, ça a assez mal commencé.

Le jour du départ, très exactement 1h30 avant de nous mettre en route pour l’aéroport, je reçois un appel de la société de réservation d’hôtel par laquelle je suis passée pour trouver une chambre pour le soir de notre arrivée. Un homme à la voix juvénile, sans doute parce que c’est un gamin qui finance ses études avec ce job, m’annonce qu’ils ont eu un souci avec leur base de données et qu’ils ont perdu toutes les réservations passées entre telle date et telle date. Je ne comprends pas très bien ses explications embarrassées et pas toujours très crédibles, mais il me demande d’aller réactiver ma réservation à une adresse web dédiée. Ce que je fais aussitôt. Je pousse un grand ouf de soulagement en voyant apparaître ma confirmation de réservation à l’écran. Sauf que, en y regardant de plus près, il est écrit que ma demande est confirmée pour le 16 février. Or nous sommes le 15, et c’est ce soir que nous arrivons à l’hôtel. Je cherche à changer ma réservation mais il est trop tard. Il faut appeler directement l’hôtel. Moi stressé à mort, c’est ma copine qui prend le téléphone et appelle en Suède. Là, un homme adorable écoute le récit du problème et lui annonce qu’il n’y a pas de souci, la chambre que nous voulions n’est pas disponible mais il va en aménager une autre. Cette fois nous pouvons enfin souffler.

Quelques minutes plus tard, nous prenons la voiture pour nous rendre à Beauvais où nous devons prendre l’avion avec Ryanair. Après avoir failli manquer pour 2 minutes le bus allant du centre de Beauvais, où nous laissons la voiture, à l’aéroport, nous prenons l’avion tranquillement et tout se passe bien : décollage à l’heure, atterrissage à l’heure.

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Nous voici donc à Nyköping. Difficile de croire que plus de 25.000 personnes habitent ici. Le centre-ville est minuscule et rappellerait plutôt une ville française de moins de 5.000 habitants. Nous prenons possession de notre chambre et allons prendre un thé au sous-sol, où l’on peut venir à toute heure se faire une boisson chaude (c’est compris dans le prix de la chambre, les Suédois savent recevoir). Puis, connaissant un tout petit peu les habitudes des Suédois, nous décidons de sortir en quête d’un resto où dîner, il est 18h45, c’est déjà tard dans ce pays.

Nous voilà dans le centre. Nous passons devant un Mac Do étonnement désert, vers lequel nous décidons que nous nous orienterons pour un tête à tête si ne trouvons rien de mieux. Nous passons devant un petit resto de spécialités locales déjà bien rempli, mais qui coûte dans les 50€ par personne, hors budget ! Nous constatons au passage l’habitude sympa des restos suédois de mettre des bougies à l’extérieur pour signaler qu’ils sont ouverts. Puis nous passons devant une pizzeria déserte, puis un resto mexicain qui propose… des pizzas (désert lui aussi) !! Puis un chinois. A ce stade nous décidons de retourner au Mac Do, tant pis ! Chemin faisant, nous croisons beaucoup de jeunes en voitures, fenêtres ouvertes et musique techno à fond, déjà ivres morts à cette heure… Arrivés au Mac Do, la porte refuse de s’ouvrir. Heure de fermeture indiquée sur la porte : 18h30 !!! Nous comprenons alors pourquoi il était vide. Il est 19h10 et nous refaisons les restos un par un. Tous déja fermés. Sauf le chinois qui ferme, tenez-vous bien, à 21h30 ! Toujours dans la transgression ces Chinois ! Nous décidons d’entrer, en espérant que l’adaptation de la bouffe chinoise aux coutumes locales ne nous perturbe pas trop. Les premiers plats que nous voyons passer ne nous rassurent pas sur ce point. A l’intérieur, on entend les mouches volées. Les Suédois sont très discrets. Cette ambiance nous met mal-à-l’aise. Vu les prix hallucinants sur la carte, nous commandons un poulet au curry, un porc aigre-doux et 2 verres d’eau. La bouffe est très bonne et proche de ce qu’on trouve chez nous. Mais l’addition est bien différente : 400 couronnes à 2, cela fait 40€ ! Notre budget initial prend une claque, il ne suffira pas.

A l’hôtel nous ne pouvons nous coucher tout de suite. Nous attendons qu’un ami italien nous rejoigne. Son avion arrive vers minuit. Nous sommes fatigués et décidons de dormir un peu pour mieux nous relever et aller l’accueillir à l’arrêt du bus, l’hôtel n’étant pas simple à trouver.

Samedi 16 février. Jour du concert. Nous refaisons un tour du centre-ville où nous avions repéré des magasins à visiter. Le Mac Do est plein à craquer, il est 11h30, c’est l’heure du déjeuner ! Nous repassons à l’hôtel prendre nos bagages et partons à la gare pour prendre le train direction Norrköping, la ville du concert, un peu plus à l’ouest. Arrivés à la gare minuscule mais magnifique (on dirait un bâtiment sorti d’un film de Harry Potter), problème : pas de guichet ouvert le samedi ! Seul solution, l’unique borne automatique, il faut payer par carte. Nous trouvons certes étonnant qu’il n’y ait pas de guichet ouvert le samedi (nous verrons plusieurs Suédois se faire avoir eux aussi), mais nous nous adaptons sans souci. Sauf notre ami italien qui se scandalise et se noie dans un verre d’eau : il ne sait pas s’il y a de l’argent sur son compte et n’est pas sûr de pouvoir se souvenir du code. C’est une honte de devoir utiliser une carte bleue ! Il prendra le train sans payer pour la peine ! Nous lui expliquons calmement qu’à l’étranger, il faut savoir s’adapter, et que, sur ce point, les Italiens, qui sont l’avant-dernier pays d’Europe (derrière la Pologne je crois) pour l’utilisation de la carte bancaire, sont plutôt ceux à critiquer. Et aussi que prendre le train sans payer ne doit pas beaucoup faire rire les contrôleurs suédois, et qu’une fois contraint à descendre du train au milieu du premier village venu, il aura plus de mal à voir le concert. Finalement, il se souvient avoir une autre carte bleue approvisionnée et dont il connaît le code…

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Le voyage dure environ une heure. Nous arrivons à Norrköping et prenons la direction du centre où se trouve notre hôtel. Il est 15h, la ville est déserte, certains magasins sont en train de fermer. Des restaurants sont pleins de Suédois qui sont en train de… dîner ! (Nous comprenons en fait qu’il n’y a pas vraiment d’horaire pour manger en Suède.) Nous prenons possession de notre chambre et décidons de sortir faire un tour et repérer la salle de concert qui est à 150 mètres de l’hôtel. Tout de suite en sortant, nous repérons 2 ou 3 restaurants, tous ouverts jusque 23h (c’est samedi, nous sommes dans une grande ville, wouhou !), mais hors de prix (20€ minimum pour un steak frites). Nous passons devant un salon de thé et décidons de nous en faire un accompagné de kanelboullar. Il est 15h45, le salon ferme à 16h, il faudra faire vite. Nous nous rassurons de voir des Suédois prendre un thé à cette heure, ils ne dînent pas tous à 15h. Nous sortons à 15h58 du salon et continuons notre tour. Nous passons devant un multiplexe (en Suède, tous les films sont en VO, mon rêve !) au sein duquel se trouve un Mac Do ouvert le week-end jusque 4h du matin. Cette fois, nous mangerons là.

Nous repassons par la salle de concert. Nous faisons quelques photos de la « scène du crime ». Nous repérons l’entrée. Pas de fans qui font déjà la queue. Je trouve aussi bizarre qu’il n’y ait pas de grandes affiches partout. Ils sont vraiment discrets ces Suédois ! Il est 17h et le concert est à 20h (du moins pour la première partie, Kent est annoncé à 20h45). La salle ouvre à 18h30. Nous décidons d’aller manger à cette heure-là pour être sur place vers 19h – 19H15.

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A 19h15, nous arrivons à la salle de concert. Dans l’entrée se trouve un immense vestiaire, passage quasi obligé quand on débarque à un concert rock avec une énorme doudoune, une grosse écharpe, des gants et un bonnet. Nous payons les 2€ aux hôtesses fort sympathiques et, délivrés de notre fardeau, nous nous dirigeons vers l’entrée du « Louis de Geer Konsert & Kongress Hall ». Là, nous montrons nos billets à une des hôtesses d’accueil. Elle nous regarde d’un drôle d’air et commence à nous dire en anglais : « Ô mon dieu… Comment vous dire ça ?… Comment vous expliquez cela ?… Vous venez de loin ?… Ô mon dieu, ô mon dieu, c’est si compliqué… Je vais chercher ma responsable qui va vous expliquer… »