J’ai l’alcool de mauvais goût
Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m’est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d’alcoolémie. Il s’agissait de l’extrait suivant : « C’est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C’est de vivre au jour le jour / Le temps c’est de l’amour ».
Tout de même, qu’est-ce qu’on peut être con quand on est bourré ! Chanter du Obispo ! Ou plutôt du Lionel Florence ! Si j’avais été sobre, j’aurais pu me rendre compte que ces paroles ne voulaient strictement rien dire. J’aurais pu me rendre compte que le temps s’accommode mal du “au jour le jour”, que l’amour c’est aussi construire, que s’il se consomme avec délice jour après jour, que si l’urgence d’aimer est belle, il n’est pas moins mauvais de prendre le temps, de donner du temps à l’amour. J’aurais pu comprendre que le temps, c’est plein de choses à la fois, pas seulement de l’amour, que c’est bien peu de l’amour au regard de tout le reste. Que le monde est plein de gens qui cherchent l’amour, qui aimeraient que le temps en soit, de l’amour, mais qui est tout sauf cela. Que ces gens aimeraient se délecter de cet amour, prendre le temps de l’apprécier, et surtout pas le vivre au jour le jour.
Non vraiment, y a pas à dire, Obispo et Florence, c’est de la merde ! Des texte construits autour du mot amour, qu’il faut caser un maximum de fois en trois minutes, même si ça ne doit rien vouloir dire. Un peu comme des mots clés pour référencer artificiellement un site web. De l’amour pour faire vendre. De l’amour à vendre. Du tapinage “intellectuel”.
Il faut que j’arrête de boire. Ou alors de l’alcool de meilleure qualité. Histoire que mon torchon à carreaux serve à quelque chose. A créer une ambiance. Je chanterai des chansons à boire. Ou bien “le petit bonhomme en mousse”. Des vraies chansons à texte quoi.
Mais laissons l’amour tranquille. Il s’accommode mal de l’alcool…
Ce post est une participation au sablier de printemps, l’accroche vient du blog de M. LeChieur et d’un billet nommé Réhabilitons un grand auteur.
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28 mars 2008 à 23:47
Pauvre Obispo…. pas flatté ce soir !
29 mars 2008 à 1:32
Mais c’est qui ce Obispo dont tout le monde parle ?