La fille : « Ça va papa, pas trop de soucis de voisinage dans le quartier? »
Le grand-père : « Non ça va. Étonnamment, les gens les plus sympas du quartier, ce sont les Marocains de l’autre côté de la rue. Ils sortent sur le pas de la porte dire bonjour. Comme quoi… »
La fille : « Ah oui tiens, ça c’est étonnant. Mais les Marocains c’est pas pareil, eux ils font des efforts. C’est pas comme les Algériens. Eux c’est un autre genre. »
Le grand-père : « Oui c’est vrai. Encore que. Il y a ces Arabes qui travaillaient à l’usine avec moi. Des Algériens il me semble. Tu vois, quand je les croise en ville, ils traversent pour me serrer la main. On peut pas en dire autant de tous les collègues. Comme quoi… »

Ce dialogue entre un grand-père et sa fille pourrait trouver sa place dans un roman que j’écrirai peut-être un jour. Mais ça n’a rien d’une fiction, c’est du vécu. Ces petits moments de racisme ordinaire, on peut les entendre et les vivre un peu partout. Au bar, dans un wagon SNCF, au café avec les collègues, dans la queue au supermarché. Pour ma part c’était dans ma famille la semaine dernière. Comme quoi…