L’autre jour, j’étais au supermarché du coin, comme cela m’arrive très régulièrement. Au moment de payer pour mes emplettes, je repère une caisse où une vieille dame est en train de finir de ranger ses courses et me précipite donc pour passer à sa suite.

Alors même que je commence à mettre mes courses sur le tapis roulant, j’entends la fin de leur conversation.
La vieille dame. – Ils ne savent pas où trouver du travail, mais les allocations ils savent où aller les chercher
La caissière. – Et puis avec la crise, ça va se ruer devant la CAF. Si on leur coupait tout ça, ils en trouveraient du travail.

Je comprends qu’il est donc question des chômeurs et ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire devant tant de bêtise. Mais le dialogue ne s’arrête pas là.

La vieille dame. – C’est comme les SDF. Il y en a dans ma rue, ils sont tout le temps ivres et qu’est-ce qu’ils font comme bruit !
La caissière. – Ah oui, ça, de l’argent pour acheter de l’alcool ils en trouvent toujours !
La vieille dame. – Ce serait bien quand même qu’on arrive à se débarrasser de ces gens-là.
La caissière. – Oh, vous savez, ce n’est pas si simple, ces gens-là ils traînent entre eux et ils se reproduisent ensemble.

On remarquera cette magnifique illustration par l’exemple de ce qu’est le déterminisme social puisque, apparemment, la condition de « sans logis » se transmettrait de génération en génération.

Y a pas à dire, tant les gens de ce pays continueront à penser qu’il faut « se débarrasser » des pauvres, « ces gens-là », fainéants quand ils sont chômeurs, alcooliques quand ils sont à la rue, et tous condamnés autant qu’ils sont à rester là où ils sont, tant que chacun pensera à sa gueule en regardant l’autre comme une menace pour son propre confort, pas de doute, notre président aura encore de beaux jours devant lui.

Et puis, au cas où ça ne suffirait pas, il a déjà tout prévu…