2 Commentaires Les gros ont-ils aussi le droit de mourir bêtement ? - 23/08/09
[...] Selon Gérard Hédin, le maire de Saint-Paul arrivé sur place peu après le drame, la victime a pu «glisser et être emportée par son poids». «C’est une femme dont le poids dépassait probablement la centaine de kilos. Avait-elle fixé la barre de sécurité sous son ventre? Si c’est le cas, elle n’était maintenue par rien du tout», a-t-il expliqué.
L’attraction , interdite aux enfants de moins d’1,20 m non-accompagnés et aux adultes de plus de 2 m, est également déconseillée aux personnes de forte corpulence. «Mais il n’est pas facile à l’opérateur de refuser l’accès du manège pour cette raison. Ça peut être considéré comme de la discrimination», a fait valoir le maire. [...]
Libération – Une femme tuée sur un manège de l’Oise :l’exploitant se défend
Si cette histoire est vraie, on tient là une excellente illustration par l’absurde de la débilité de notre conception actuelle de la non-discrimination.
Qu’on se le dise, les gros, ou encore les handicapés, ne sont pas « des personnes comme les autres » comme on nous le répète sans cesse. Ce sont bien entendu des personnes qui ont le droit au même respect que les autres pour cette simple raison qu’ils sont des personnes.
Mais c’est bien parce qu’une personne handicapée n’est pas comme tout le monde que la collectivité doit faire les efforts nécessaires pour la mettre en situation de pouvoir circuler en ville, de pouvoir accéder aux lieux publics, comme si elle était une personne normale. Comme si. Mais en tout état de cause, il y a des choses qu’une personne handicapée ne pourra jamais faire, parce que c’est aussi ça, le handicap (quand je pense à ça, je pense souvent au personnage de John Locke dans Lost, qui veut absolument faire une sorte de Safari en Australie alors qu’il est en fauteuil roulant, quel imbécile !)
De même, il n’y a pas de raison de discriminer un individu en fonction de son poids lors d’un entretien d’embauche, pour autant que son poids ne soit pas un handicap à l’exercice de ses missions et de ses fonctions. Si au contraire la corpulence est un obstacle à l’accomplissement du travail requis, il est normal que cela devienne un facteur discriminant.
Aussi, si un manège indique qu’il n’est pas adapté à une personne corpulente, alors ce n’est pas de la discrimination que de lui en refuser l’accès. Dans cette histoire, nul doute que si une personne n’a pas refusé l’accès du manège à cette femme, de peur d’avoir une conversation musclée avec elle sur son poids et sur des questions de discrimination, cette personne n’a pas fait son travail. Reste que s’il était clairement indiqué que l’accès du manège était proscrit pour les personnes corpulentes, cette femme décédée et son compagnon sont également responsables d’avoir voulu y aller quand même.
Ce qui me hérisse dans tout ça , mis à part cet événement tragique bien sûr et la faute professionnelle manifeste de l’employé qui ne l’a pas empêchée de monter dans l’attraction , c’est ce langage politiquement correct à la con . Appelons un chat un chat et disons obèse au lieu d’employer l’expression « de forte corpulence » . Ce n’est pas une insulte , c’est un état médical qui , comme tu le précises dans ton billet , n’est pas sans conséquence dans la vie quotidienne ( il y a différents stades d’obésité dont l’obésité morbide) .
Mis à part ça je ne pense pas qu’il ait été indiqué clairement » interdit au plus de X kilos », j’ai visité pas mal de parcs d’attractions dans différents pays et je n’ai jamais rien vu de ce style . Donner une limite de ce type serait trop politiquement incorrect encore une fois .
Effectivement, impossible d’écrire « interdit aux moins de 100kg » par exemple. Mais en l’occurrence c’est parce que le problème ne vient pas du poids mais de la corpulence. Un mec de 1m95 et 100kg n’aura les mêmes soucis qu’une fille d’1m65 faisant le même poids.