5 Commentaires Je suis venu vous dire… Ou pas. - 25/08/09
Il y a une chose que j’ai apprise de ma dernière rupture. Le plus difficile quand on met fin à une relation de plusieurs années, ce n’est pas de devoir le dire à sa famille et à ses amis. Ceux-là finalement comprennent, et passée la seconde de surprise, ils sont là pour vous soutenir au cas où. Non, le plus dur, c’est de l’annoncer aux personnes les plus insignifiantes de votre vie. Votre coiffeur, vos propriétaires, la serveuse de ce restaurant où vous aviez l’habitude d’aller en couple, voilà les gens avec qui il est dur d’en parler.
Imaginez. Vous marchez dans la rue, tranquille, vous repensez au film que vous venez de voir, à la personne avec qui vous y êtes allés, bref vous êtes bien, vous dîtes oui à la vie… Vous êtes loin de vous douter qu’au carrefour suivant, vous allez tombé sur votre proprio. Et pourtant c’est ce qui arrive. Vous parlez boulot (ça le rassure pour le paiement du loyer), vous évoquez un souci avec une évacuation d’eau, et là c’est le drame : il vous demande « Et au fait, comment va votre amie ? » Pour vous, tout cela est tellement loin derrière vous que la question vous laisse un instant sans voix, interloqué, surpris. Vous ressentez la question un peu comme une agression. Vous pourriez répondre qu’elle est partie depuis de longs mois et qu’elle a refait sa vie tandis que vous vous demandez quoi faire de la vôtre. Vous pourriez. Mais c’est compliqué, et cela pourrait amener d’autres questions que vous ne voulez vraiment pas aborder maintenant, et surtout pas avec quelqu’un d’aussi insignifiant que le proprio. Alors vous répondez qu’elle va bien, qu’elle est en voyage à l’étranger actuellement. Et vous prétextez une course urgente pour vous enfuir.
Plus d’un an après, pour ma part, il m’arrive encore de croiser des gens comme ça, qui ne sont pas au courant. C’est un choc à chaque fois que de devoir évoquer le sujet.
Plus d’un an après, il m’arrive encore de mentir avant de prendre mes jambes à mon cou.
Mais pourquoi prendre la fuite ? Tu peux simplement dire » nous sommes séparés » point barre . Là j’avoue je ne comprend pas ton attitude sur ce coup là vis à vis de gens qui , somme toute , ne t’importent guère .
C’est pas vrai ? Vous êtes séparés ? Mais fallait me le dire ! Même comme ça, au débotté, en pleine rue… Je viens d’en parler avec votre coiffeuse, votre boulangère et votre boucher et vraiment, nous ne comprenons pas ce silence. Après tout ce que nous avons vécu ensemble, vous nous deviez la vérité. Ne sommes-nous pas les premiers à faire état de nos aléas conjugaux ? J’aime autant vous dire qu’il n’est pas exclu que votre loyer augmente subitement. Ne soyez pas surpris non plus si les gens se trompent en vous rendant la monnaie. C’est tout ce que vous méritez.
PS : Ce silence sur votre vie sentimentale est d’autant plus incompréhensible quand vous avouez publiquement « prendre vos jambes à votre cou ». Vos techniques de masturbation à la David Carradine ne regardent que vous.
Christelle, un jour tu comprendras que toi et moi on n’est pas faits pareils
Le truc n’est pas que ça me dérange de leur dire « nous sommes séparés », je l’ai déjà fait et aurai sans doute encore à le faire quelques fois. Le truc est que je ne supporte pas d’avoir ce genre de conversation à un moment où je n’ai pas choisi ni envie de les avoir.
Chers propriétaires, si vous augmentez mon loyer, je me verrai dans l’obligation de prendre une colocataire. Oui parfaitement, je la prendrai.
Bonjour,
Je cherche une colocation mais ça dépend où t’habites.
D’avance merci
Cindy oo
Pour avoir attendu au moins 2 ans pour ne plus ressentir comme une agression le fait qu’un ami prononce son nom. Pour avoir mis au moins 3 ans pour ne plus penser à Elle au moins une fois par jour. Et pour encore me dire 6 ans après que peut-être un jour… d’ailleurs n’ai-je pas créer un compte FB pour reprendre contact… je comprends à quel point la moindre chose anodine peut raisonner en toi. Ces gens « insignifiants » violent malgré eux une intimité que tes amis respectent sans doute désormais. Le roi des séances de psy que je suis ne peux te donner qu’un conseil (un humble conseil biensur) : te répéter à chaque fois qu’ils ont gaffés malgré eux et n’ont pas voulu te blesser car le moindre ressentiment de colère envers eux n’est que le reflet de la douleur encore présente. Il n’y a qu’une solution : l’acceptation mais dieu sait que la route est longue et peut-être même sans fin. Bon courage.