2 Commentaires Donjons et pardons - 8/09/09
Je me souviens parfaitement du moment où j’ai pris cette photo durant mes congés cet été :
C’était au château du Haut-Koenigsbourg en Alsace. Je me suis penché par dessus un rebord de fenêtre pour faire cette photo, et j’ai immédiatement ressenti l’appel du vide, comme une sorte d’obligation physique de me jeter sur les pierres en contrebas, ou plutôt de me laisser happer, un accès de vertige quoi. Certains appelleront ça une pulsion suicidaire.
Je me souviens aussi avoir immédiatement pensé que c’était vraiment dommage de mourir de manière aussi accidentelle et impromptue, avant de me rendre compte que la mort l’était quand même souvent, impromptue. On meurt rarement de manière programmée (sur son grand ordinateur…) Et j’ai trouvé ça très con de partir comme ça. Je me suis alors imaginé que ça serait bien, à l’instant de mourir, de pouvoir écrire une dernière lettre, un dernier message, « pour ceux qui restent » comme on dit.
Mais bizarrement, à cet instant, ce n’était pas à laisser un mot à ceux que j’aime que je pensais, mais bien à régler mes derniers comptes avec tous ceux qui m’ont fait du mal, histoire de bien leur dire une dernière fois que, même devant la mort, je ne pardonnais pas les souffrances et les trahisons…
Puis j’ai continué ma visite, obsédé par cette chanson de Sparklehorse et Danger Mouse (produite par David Lynch et avec Wayne Coyne des Flaming Lips au chant) intitulée « Revenge » :
‘Cause you can’t hide what you intend
It glows in the dark
Once you’ve sought
The path of revenge
There’s no way to stop
And the more I try to hurt you
The more it hurts me

Comme quoi, l’heure n’est pas encore venue de chuter. Même de manière impromptue ! Quoiqu’il en soit, je trouve interressant le thème du pardon/colère. Si c’est très dur de pardonner et même si parfois celà semble impossible je suis convaincu désormais que c’est la meilleur chose à faire et en plus ça peut s’aborder de manière totalement égoïste. En résumant en en faisant simple, voilà pourquoi :
- je souffre car tu m’a fait mal
- je souffre toujours car je n’oublie pas que tu m’as fait mal
- tu continues à me faire mal puisque je m’en souviens je t’ai dit banane !!!
- pendant ce temps là, toi tu t’en fous, t’es passé à autre chose depuis belle lurette
- en me souvenant que tu m’as fait mal, je te donne donc le pouvoir de continuer à me faire souffrir
- si petit à petit j’oublie et je t’enlève définitivement ce pouvoir
- donc en te pardonnant, c’est moi que je soulage et uniquement moi.
Biensur, ça peut paraître un peu tordu mais personnellement qu’est-ce que ça me soulage…
Je crois que tu es définitivement prêt à reprendre le rôle de Carradine dans Kung Fu mon cher katsuwi
Non sans dec, pardonner j’y arrive à présent. J’essaie même d’enseigner ça à ma mère, de qui j’avais hérité cette incapacité au pardon.
Par contre, même si je pardonne, je n’oublie jamais…