Je me souviens parfaitement du moment où j’ai pris cette photo durant mes congés cet été :

château du Haut-Koenigsbourg

C’était au château du Haut-Koenigsbourg en Alsace. Je me suis penché par dessus un rebord de fenêtre pour faire cette photo, et j’ai immédiatement ressenti l’appel du vide, comme une sorte d’obligation physique de me jeter sur les pierres en contrebas, ou plutôt de me laisser happer, un accès de vertige quoi. Certains appelleront ça une pulsion suicidaire.

Je me souviens aussi avoir immédiatement pensé que c’était vraiment dommage de mourir de manière aussi accidentelle et impromptue, avant de me rendre compte que la mort l’était quand même souvent, impromptue. On meurt rarement de manière programmée (sur son grand ordinateur…) Et j’ai trouvé ça très con de partir comme ça. Je me suis alors imaginé que ça serait bien, à l’instant de mourir, de pouvoir écrire une dernière lettre, un dernier message, « pour ceux qui restent » comme on dit.

Mais bizarrement, à cet instant, ce n’était pas à laisser un mot à ceux que j’aime que je pensais, mais bien à régler mes derniers comptes avec tous ceux qui m’ont fait du mal, histoire de bien leur dire une dernière fois que, même devant la mort, je ne pardonnais pas les souffrances et les trahisons…

Puis j’ai continué ma visite, obsédé par cette chanson de Sparklehorse et Danger Mouse (produite par David Lynch et avec Wayne Coyne des Flaming Lips au chant) intitulée « Revenge » :

‘Cause you can’t hide what you intend
It glows in the dark
Once you’ve sought
The path of revenge
There’s no way to stop
And the more I try to hurt you
The more it hurts me