Sam (partie 3)
“Pardons, qu’est-ce que tu viens de dire ?” Je restais sous le choc de ce que venait de dire Sam. Payer ? Mais payer quoi ? Savait-il que j’avais fait des recherches sur son passé ? Impossible. Et pourtant, et si… Ou alors était-il vraiment psychopathe ? Voulait-il me faire payer d’avoir refusé à plusieurs reprises de me montrer sympathique ? D’avoir refusé de lui faire du café à toute heure de la journée ?…
- “Quoi ?
- Tu as dit quoi à l’instant ?
- Tu as très bien compris.
- Non justement, j’ai cru comprendre que tu allais me faire payer quelque chose et…
- Tu vois que tu as compris !
- Tu peux me dire ce que tu me reproches exactement ?
- Rien. Mais je fais partie de l’équipe du big boss maintenant. Je suis quelqu’un d’important, quelqu’un à qui les autres doivent le respect. Et pour se faire respecter, rien ne vaut la peur. Il me faut une victime, un exemple. Je sais que tu ne m’aimes pas, tu ne m’as jamais parlé d’égal à égal, tu ne reconnais pas ma valeur, ce sera donc toi. Autant joindre l’utile à l’agréable, non ?”
Je n’en croyais pas mes oreilles. L’Orgueil, immense, gigantesque, démesuré, avait pris forme humaine et parlait devant moi. Je ne pouvais en rester là : “Mais tu te rends compte de ce que tu es en train de dire ?!! Tu es malade ou quoi ?! Tu as conscience de ces inepties, de ta propre ineptie ? Tu sais pourquoi je ne reconnais pas ta valeur ? Parce que tu n’en as aucune, en tout cas pas encore. Tu arrives ici, tu as tout à démontrer, tu n’es rien ni personne. Et si tu commences comme ça, je suis sûr que tu te feras écraser, comme la petite merde que tu es. Tu crois que tu fais partie de l’équipe du “big boss” comme tu dis ? Que parce que tu fais tes cartons pour passer du 3ème étage au 4ème tu es monté dans la hiérarchie ? Tu te trompes lourdement. Tu quittes un bureau obscur dans un couloir oublié pour en rejoindre un autre, en tout point pareil à celui-ci. Tu n’es rien ni personne, tu ne fais partie d’aucune équipe, tu es juste une petite merde sortie de nulle part qui vient faire un job dont personne d’autre ne voudrait. Un peu d’humilité n’a jamais fait de mal personne. Calme-toi, redescends sur terre ! Faire peur ? Tu crois que tu risques de faire peur à quelqu’un avec ta permanente, ton dos voûté, le blouson de ton grand-père sur le dos et ton air de déjà vieux con à 25 ans ?…”
A voir son oeil vitreux, son regard resté vide durant ma mise au point, je doutais qu’il ait compris le moindre mot sorti de ma bouche, je me demandais même s’il avait écouté, s’il ne se mettait pas en mode “veille” quand ça l’arrangeait (ou pas). J’étais presque déçu. J’étais prêt pour le combat et mon gladiateur bedonnant rendait déjà les armes.
“On en reparlera…” me lança-t-il avant de quitter mon bureau, un sourire au coin des lèvres tout de même un rien inquiétant, je dois l’avouer. Les serial killers ne sont jamais de grands beaux gosses baraqués, vous avez remarqué ?
Durant les semaines qui suivirent, je n’entendais plus parler de Sam. Du moins pas tout à fait…
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26 octobre 2007 à 9:18
grrrrrrrrrr! ça continue…
26 octobre 2007 à 10:32
Sam a l’air de tourner au vinaigre…
Sam suffit !
26 octobre 2007 à 17:56
Mavie : ça finit ce week end