Je viens de rentrer à la maison. Je reviens d’une soirée entre amis bien arrosée (juste ce qu’il faut). Du coup je suis rentré à pieds. En passant à côté de la gare en travaux, endroit où, paraît-il, la délinquance est en recrudescence, j’ai eu quelques ennuis. Une bande de jeunes – ils étaient quatre – jouaient au foot et ont décidé de me prendre pour cible.

Le pire c’est que j’en étais sûr dès que je les ai aperçus. J’ai un sixième sens pour ce genre de choses. J’ai pris un ballon fort dans le dos. J’ai presque pu le voir arriver derrière moi. Après avoir fait une remarque, j’ai évité le deuxième pour quelques millimètres, toujours dans mon dos, toujours en ayant deviné l’intention de mes « agresseurs ». Je suis parti très vite sans demander mon reste.

Pourquoi moi ? Pourquoi toujours et encore ? Sur le chemin du retour, de mauvais souvenirs me sont revenus en mémoire. Mon adolescence. Et puis je me suis rendu compte que je marchais mal. J’ai essayé de me concentrer pour redresser ma jambe handicapée. J’y suis arrivé sur quelques dizaines de mètres. Mais pas plus. J’ai boîté le reste du trajet. J’ai senti les larmes monter. Je ferais mieux d’aller me coucher…