L’autre jour, nous étions devant la télévison sans réelle intention de la regarder, comme cela nous arrive parfois. Nous venions de suivre un programme sur Rai Uno, la télé publique italienne, et tardions à éteindre le poste, occupés que nous étions à discuter de tout et de rien.

Soudain commence le programme du soir, un téléfilm italien intitulé « La terza verità » (la troisième vérité). C’est la seconde partie d’une histoire en deux actes. Résumé de l’épisode précédent : dans une petite ville d’Italie, une jeune fille est assasinée. Le meutre porte la signature d’un tueur en série local. Une journaliste débutante, intègre et ambitieuse à la fois enquête et finit par soupçonner un médecin célèbre, reconnu et adoré pour son travail formidable avec les enfants au département pédiatrie de l’hôpital du coin. Peu à peu, les preuves s’accumulent contre le docteur qui est arrêté. Mais cette accumulation de preuves trop évidentes finit par semer le doute dans l’esprit de la police et de la journaliste : le docteur est-il vraiment coupable ou cherche-t-on à lui faire porter le chapeau, lui qui clame son innocence ?…

Nous sommes de prime abord amusés par le jeu des acteurs qui, comme on peut l’imaginer, n’a rien à envier à celui des acteurs des navrantes fictions de TF1 et France 2. L’accumulation de tous les poncifs du genre au cours des 10 premières minutes de ce second épisode finit de nous scotcher devant le programme et nous commençons à nous amuser à anticiper les scènes, les dialogues éculés, ou encore à détourner certaines situations pour les rendre totalement absurdes (des histoires sous la douche en prison etc, je vous laisse imaginer, moi, le spécialiste des histoires sous la douche…)

Ce que nous n’anticipons pas, c’est cette séquence : le docteur se retrouve en cellule avec un groupe de types plus ou moins antipathiques. Parmi eux, l’ancien gardien de but de l’équipe B de la Juventus de Turin qui a tué sa femme dans un accès de rage paranoïaque. Depuis, il ne parle plus et ne sort même pas de cellule au moment de la promenade, il est prostré. Bien entendu, le médecin va réussir à établir le contact avec cet homme et devenir plus ou moins ami avec lui. Bien entendu aussi, l’ensemble des détenus a décidé de faire sa fête à ce médecin bourgeois qui a tué une pauvre adolescente innocente, et notre bon pédiatre est ainsi en danger permanent. Tout à coup c’est l’embuscade pendant la promenade. Le docteur est pris à partie et un couteau est sorti. Notre gardien de but, qui a repris goût à la promenade grâce à son nouvel ami, n’écoute que son courage et se projette au sol comme pour arrêter le penalty de sa vie – images au ralenti incroyables – et prend le coup de couteau dans la cuisse à la place du docteur… Nous pleurons de rire pendant de longues minutes…

Allez, je vous laisse avec quelques images de cette histoire merveilleuse. Même si vous ne comprenez pas l’italien, ça vaut le coup rien que pour le jeu d’acteur… ;)