Et surtout une bonne santé
Jeudi 3 janvier 2008“Une bonne année, et surtout, une bonne santé !”
C’est au son de ces paroles qu’ont été bercés tous mes 1er janvier durant l’enfance. Phrase typique du Nord ? Phrase typique tout court ? Je ne sais pas. Toujours est-il que tous les membres de la famille se la répétaient et me la répétaient en choeur. Puis la famille s’est un peu disloquée, chacun a pris ses distances (au propre comme au figuré), et ma mère est restée une des dernières tenantes de la phrase sacrée du premier jour de l’année. Pendant un temps, celui de ma révolte adolescente, je crois que ça m’a vraiment énervé cet automatisme. Et puis c’est devenu plutôt un sujet de taquineries de la part de mon frère et moi-même envers notre mère, tant nous connaissons très bien, au fond, la sincérité du voeu exprimé par elle au travers de cette rengaine.
Reste que je n’aime pas cette phrase, et je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi. Est-ce qu’être en bonne santé est vraiment plus important que tout le reste ? Sans doute que oui. Mais est-on condamné au malheur parce qu’on a des problèmes de santé ? Tout s’arrête-t-il là ? Ne peut-on pas souhaiter d’autres choses tout aussi importantes ? Est-on plus heureux en bonne santé mais sans amour, sans travail, sans argent, sans espoir ?
Pourtant, il y a des moments où cette phrase peut prendre un sens plus important, plus profond. Le 28 décembre 2007 est né le petit Jacopo (prononcer Yakopo), premier enfant d’un couple d’amis de ma belle-famille, et par ricochet, d’un couple d’amis à moi. Jacopo est né avec environ 3 semaines d’avance. Chose curieuse, alors que le dernier contrôle médical effectué fin novembre montrait un enfant en parfaite santé, Jacopo ne pesait même pas 2 kilos à la naissance, sa croissance s’étant proprement arrêtée au cours du mois suivant. Et puis les médecins ont découvert que Jacopo avaient les intestins qui ne fonctionnaient pas, faute de terminaisons nerveuses adaptées. De conjectures en tergiversations, d’une possible maladie touchant moins de un enfant sur 200 à l’éventualité de devoir recourir à une poche externe pour remplacer artificiellement les fonctions intestinales du bébé, avec toujours en suspens la survie de ce tout petit être à peine arrivé au monde, il a fallu opérer le petit Jacopo en urgence, victime d’une perforation intestinale, dans la nuit du 31 décembre 2007 au 1er janvier 2008. Difficile d’avoir l’esprit à la fête en pareil instant.
Pour ma part je suis pourtant toujours resté optimiste, ayant foi dans le sort final qui serait réservé à Jacopo. Peut-être parce que j’ai moi-même été un enfant “mal né”, et même si ça ne veut rien dire et n’a rien à voir, j’ai comme ressenti l’envie de vivre de cet enfant et la présence de bonnes fées autour de son berceau et de sa famille.
Aujourd’hui Jacopo se remet de son opération. Il n’est déjà plus sous assistance respiratoire, fait hautement surprenant si peu de temps après l’opération. Celle-ci semble s’être bien déroulée et il n’est plus question pour le moment de poche externe. Il faudra encore un mois d’hôpital, plus ou moins, pour savoir si Jacopo peut rentrer chez lui et commencer une vie somme toute normale. Mais les nouvelles sont bonnes pour l’instant et tout le monde est désormais optimiste.
Il faudra aussi encore beaucoup de courage et de force aux parents de Jacopo, qui eux sont en bonne santé mais ont le coeur, les nerfs et le moral soumis chaque instant à rude épreuve.
En attendant, permettez-moi exceptionnellement cette année de vous souhaiter à tous une bonne santé (moi qui, très accessoirement, suis actuellement grippé), et tous plein d’autres bonnes choses à vous, à Jacopo, et à ses parents.









