1 commentaire 2008 ou la tragique déchéance d’Amélie Poulain - 28/12/08
Voilà donc la fameuse trêve des confiseurs, juste après le gavage de noël et juste avant la beuverie du nouvel an. Traditionnellement, l’heure des rétrospectives, classements et autres bilans.
Sans même attendre la fin de l’année, et en accord avec moi-même, j’ai élu depuis bien longtemps 2008 comme la pire année de toute mon existence.
Je n’ai jamais fait parti de ceux qui trouvent facile de tout bêtement vivre. En ce bas monde on trouve ceux qui écoutent en boucle « ah si tu pouvais fermer ta gueule » de Patrick Sébastien et regardent le journal de TF1, et puis il y a ceux qui se posent des questions, parfois beaucoup (trop) de questions. J’appartiens à cette dernière catégorie. Je fais même partie de ceux qui ont du mal à supporter la première catégorie, qui pensent que les autres sont fous, que les gens sont cons, que ce monde imbécile court à sa perte, peut-être bien plus proche que ce qu’on imagine.
Alors à quoi bon vivre dans ce monde-là ? Parce que dans un coin de ma tête, je vivais dans le petit monde d’Amélie Poulain. J’étais un Nino Quicampoix qui se disait « tant qu’on sera là, rien d’autre n’aura d’importance, c’est tout ce qui compte ».
Ce que j’ai découvert en 2008, c’est qu’il existe une suite secrète au « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ». Que dans cette suite, passées les premières balades euphoriques dans Paris et le vieux Montmartre, Amélie sombre d’abord dans l’ennui, puis la drogue. Que Nino se met à boire pour oublier. Qu’après un premier enfant, uniquement conçu pour tenter de sauver un couple à la dérive, Amélie finit en hôpital psychiatrique, Nino se retrouve sous les ponts de Paris, et l’enfant est placé en famille d’accueil. Petit désastre ordinaire de ce qu’est la vie réelle dans le monde réel.
Mon avis sur le film ? J’ai du mal à me faire une opinion. Pas vraiment attristant, parfois énervant, enrageant, la tragique déchéance d’Amélie Poulain m’aura laissé en 2008 une amertume aseptisante dans la bouche. Me voilà tel le personnage de Dexter, indifférent à tout.
J’ai eu l’impression que 2008 était comme un disque des Death Cab For Cutie, où Ben Gibbard partirait à la recherche d’une personne et d’un sentiment disparu au début de l’album, pour mieux conclure en bout de course que la glace avait fondu. Ca tombe bien, en 2008, les Death Cab ont écrit cet album.
D’ailleurs, heureusement qu’il y avait la musique en 2008, et tous les petites choses épicuriennes de la vie.
Non décidément, 2008 je ne te regretterai pas.
We’re not the same dear as we used to be.
The seasons have changed and so have we.
There’s little we can say and even less than we can do,
to stop the ice from getting thinner under me and you.
We buried our love in a wintery grave.
A lump in the snow was all that we made.
But we stayed by its side, as the days turned to weeks.
And the ice was getting thinner with every word we’d speak.
When spring arrived, we were taken by surprise
that what flows under our feet bled into the sea
and nothing was left for you and me.
We’re not the same dear and it seems to me.
There’s nowhere we can go with nothing underneath.
And it saddens me to say that we both know it’s true.
The ice was getting thinner under me and you.
The ice was getting thinner under me and you








