Archive pour la catégorie 'x-ray'

My own paradox

Jeudi 5 juin 2008

Avec le temps et l’âge, je me rends compte que je suis quelqu’un de très paradoxal et que je suis un éternel insatisfait. Ce blog par exemple. Ce blog je l’ai créé il n’y a pas encore un an, à une époque où je souffrais de la frustration de ne pas me sentir libre d’évoquer des sujets personnels, tant légers que complexes, sur un autre blog consacré à des préoccupations essentiellement professionnelles.

Me voilà aujourd’hui à un tournant de ma vie, à un moment où j’aurais beaucoup de choses à exprimer, par forcément que négatives, des interrogations, des réflexions, toutes sortes de pensées. Et pourtant je n’y arrive pas. Je n’ai pas envie de cela, là, maintenant. J’ai l’outil mais pas l’envie. Tout reste dans ma tête et refuse de s’exprimer, tout est pour le moment comme cadenassé. Tant que ce sont ces pensées qui sont enfermées et non elles qui m’enferment, je ne m’inquiète pas. Jusqu’ici tout va bien comme dit le film.

Et puis après tout, ce que je voulais c’était me sentir libre de m’exprimer grâce à ce blog, et cette liberté je sais aujourd’hui que je l’ai. C’est le plus important, non ?

Le jour d’après

Mardi 27 novembre 2007

Ce n’est pas encore le jour d’après. Juste le soir. Le soir qui suit une journée riche en émotions. L’agacement, d’abord, quand je n’ai pas trouvé ma clé USB ce matin. L’énervement quand je suis arrivé au travail à 7h34 au lieu de 7h30 pour cause de recherche de la fameuse clé. La satisfaction quand j’ai fini à 8h45 ce qui devait être fait pour 8h50. Le stress quand 70 personnes ont gardé le silence alors qu’on attendait plein de questions suite à la présentation de l’ami P. L’angoisse quand V m’a glissé un petit papier pour m’alerter sur le fait que nous étions 73 et non 70 alors qu’il n’y avait que 70 repas réservés. Et puis plein d’émotions positives suite à plein de compliments forcément positifs. Plein d’idées, de projets. Plein de.

Tout ça en une journée. Une journée qui représente un mois de travail. Au moins. Et demain, le jour d’après, se fixer de nouveaux objectifs, passer à autre chose. Faire fructifier tout ça pour que ça ne reste pas une journée.

Là tout de suite, je suis dans mon canapé, en état de décomposition avancée. Trop tôt pour vraiment penser au jour d’après. Se reposer. Dormir.

Ah oui, mon travail c’est ça, et j’en suis fier.

J’ai peur des chiens

Vendredi 2 novembre 2007

Ce n’est pas que je peine à l’avouer, plutôt que je n’en ai pas véritablement conscience moi-même, mais j’ai peur des chiens. Quand j’y pense, j’ai souvent réclamé à mes parents d’avoir des chats quand j’étais petit, des cochons d’Inde aussi, des tortues, mais jamais de chien. Et ce ne sont pas seulement les gros chiens à l’air méchant qui me posent problème, ce sont tous les chiens sans exception. Bien entendu, j’approche plus volontiers un caniche nain qu’un pitbull, mais à bien y réfléchir, il y a toujours en moi un fond d’angoisse à peine perceptible.

J’ai mis longtemps à comprendre le pourquoi de tout ça. Et puis un jour, il y a seulement quelques années de ça, ça m’est revenu. Ca m’a fait bizarre de m’apercevoir que j’avais occulté cela pendant autant de temps.

Quand j’étais enfant et que nous habitions cette petit commune du Nord - je devais peut-être avoir 6 ou 7 ans (car quand j’ai eu 8 ans nous avons déménagé) - l’école était à 2 ou 300 mètres de chez moi et j’y allais seul ou avec les fils des voisins, idem pour le retour. Un jour, un grand de CM2, à la fois terreur et benêt du quartier, un géant d’au moins 1m40 à l’époque, a décidé de me chercher des noises à la sortie. J’étais seul ce jour-là. Il est venu me trouver et m’a dit : “Tu ne rentreras pas chez toi, je t’emmène avec moi, tu es mon prisonnier.” Il habitait lui aussi à 2 ou 300 mètres de l’école, mais dans la direction opposée.

Je me souviens qu’il m’a attrapé par le col et a commencé à me traîner derrière lui sans que je puisse rien faire. J’essayais de me débattre de toutes mes forces mais ça ne servait à rien. J’ai encore en tête le moment où j’ai cru avoir trouvé la solution en pliant les genoux et en me laissait tomber au sol. Mais il a continué à me traîner au sol. Il s’est juste arrêté quand il a vu que je voulais me relever : c’était plus facile pour lui si j’étais debout. Je pleurais, je criais mais il n’y avait personne pour m’entendre et m’aider. Et puis on est arrivé à quelques pas de chez lui. Et là, dans son jardin, un énorme berger allemand s’est approché de la clôture et a commencé à aboyer. De plus en plus fort à mesure que nous approchions.

Le garçon m’a regardé et m’a dit dans un sourire pervers : “tu vas lui servir de goûter…” Je me suis mis à hurler de toutes mes forces, à pleurer comme un bébé. Et tout ce que je voyais c’était les crocs du chien. Et tout ce que j’entendais c’était les grognements monstrueux du chien, encore pires que ses aboiements. Je ne me souviens plus comment j’ai réussi à me dégager. Le grand garçon a-t-il relâché son emprise l’espace d’une seconde ? Est-ce mon effroi qui m’a permis de trouver des ressources insoupçonnées ? Je me rappelle juste avoir couru jusque chez moi comme je n’avais jamais couru auparavant, sans jamais me retourner. Pour une raison inconnue, sans doute une forme de honte de n’avoir pas été plus fort, je n’ai rien dit de l’incident à mes parents. Je ne me souviens pas non plus comment j’ai réagi en revoyant ce garçon à l’école par la suite. J’imagine que c’est parce que j’avais commencé à vouloir oublier toute cette histoire.

Mais je me rappelle très bien avoir soigneusement évité la rue et le grand berger allemand jusqu’au jour de notre déménagement.

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Oser

Lundi 17 septembre 2007

Je viens d’avoir une sorte de fulgurance. Je me suis vu écrire sur un blog, celui-ci ou un autre. Je me suis vu parler de moi, des choses qui m’arrivaient, pendant des heures et des kilomètres. Je me suis vu dans le futur, un futur proche, un an, peut-être deux. Je me suis vu me raconter, mon parcours jusqu’à ce point. De ce que j’en ai vu dans ma tête, ça avait l’air bien écrit. C’était bien écrit. Ca aurait sans doute pu intéresser un éditeur, ce qui, à ce point de mon futur, m’aurait bien arrangé financièrement.

Et puis je suis sorti de ma torpeur et j’ai réalisé. Jamais je n’arriverai à parler de moi, ni sur ce blog ni ailleurs. Il faudrait que je me force, il faudrait que je me jette sur mon ordi chaque fois que ça me vient, comme un mort de faim, pour ne pas laisser le temps au regret, à la crainte. Tout écrire très vite et appuyer sur “publier”.

Si je n’ai rien écrit sur moi ici dans les 6 mois, il faudra que je songe à fermer ce blog. Et puis partir. Peut-être pour un futur meilleur, différent, où j’oserais.