
Ca, c’est la cour derrière chez moi. Un ancien magasin de moto racheté par la ville d’Amiens pour en faire une structure « petite enfance ». D’où des travaux dantesques de réhabilitation et de mise aux normes qui durent depuis 6 mois. Ou plutôt un méthodique travail de destruction depuis 6 mois. 6 mois certes interrompus par 3 mois sans la moindre activité sur le chantier suite à la découverte de caves napoléoniennes sous tout ce bordel. Mais, depuis quelques semaines, les travaux ont repris. Et il y a du retard à rattraper.
On ne le voit pas sur la photo, mais le chantier passe aussi sur la droite de mon appartement et, encore mieux, en dessous !
On avait eu droit il y a quelques mois à l’ouvrier pervers qui escalade la façade arrière du bâtiment pour regarder ma copine prendre sa douche (une lettre recommandée à la ville après, nous avons juste eu le droit à une réponse-type d’excuses. On va dire que ce n’est déjà pas si mal à Amiens où la municipalité et la Métropole se croient omnipotentes et infaillibles.) Maintenant, on a plutôt droit à la vie de chantier.
La semaine passée, le vendredi, on a commencé par un réveil en fanfare à même pas 6h du matin : ces messieurs venaient déposer côté rue deux bennes géantes qui allaient servir à stocker les gravas qu’ils projetaient de créer (et il faut faire ça de nuit pour ne pas gêner la circulation). J’imagine qu’une de ces bennes doit bien peser une tonne à vide. D’où d’énormes camions dans la rue qui font « bip bip » en reculant, des moteurs qui font « vroum vroum » toutes décibels dehors, des bennes qui font « bong bong » en touchant terre, et des ouvriers qui hurlent « hééééé hééééé » parce que sinon ils ne s’entendent pas. Mes vitres simple vitrage ont apprécié, moi aussi. Le lendemain, samedi donc, le week-end, MON week-end, voilà nos bonhommes qui pratiquent pour la première fois la semaine de 6 jours. Et qui activent leurs mini-pelleteuses à même pas 7h45 le matin, enchaînant les allers-retours par dessous ma chambre pour vider leurs gravas dans les bennes.
Alors moi, je suis un gars conciliant en général. Je veux bien comprendre qu’il y a un chantier en retard, qu’il faut que les travaux se fassent et que ces travaux entraînent inmanquablement ce genre de désagréments. Mais quand tu dois faire du rab le samedi, tu déposes un petit mot dans la boîte-aux-lettres des riverains pour t’excuser par avance (un peu comme le bar du bas de la rue quand il prévoît une grande fête. Si j’avais été prévenu, je serais parti me reposer à la campagne !) et surtout, SURTOUT, tu ne commences pas à 7h45 comme en semaine. Tu as la décence d’attendre 9h pour laisser aux autres travailleurs un peu de repos. T’es pas obligé de faire ton égoïste aigri parce que ton patron te contraint à perdre un jour de ton week-end.
Ce matin, 8h, j’ai eu le droit aux marteaux-piqueurs. Bon, ça tombait mal vu que je faisais le pont de la Toussaint, mais je m’en étais douté un peu que ces ouvriers étaient moins bien lotis que moi, donc j’étais préparé. Mais j’avais pas anticipé le marteau-piqueur en guise de radio-réveil. Et ça m’a un peu mis de mauvais poil pour la journée.
Maintenant j’appréhende un peu demain matin, j’ai un mauvais pressentiment. J’espère que la semaine dernière, celle de 6 jours, était un cas isolé, et qu’ils n’ont pas prévu de me casser les couilles tous les samedis. Parce que je suis un rien fatigué en ce moment et que mon week-end de 4 jours, c’était justement fait pour me permettre de me reposer à la base. Donc un autre marteau-réveil ou radio-piqueur et on risque fort de retrouver des cadavres dans une cave napoléonienne d’ici peu.