Entre hier après-midi et ce matin, on a franchi une nouvelle étape dans l’affaire Hortefeux, dont je parlais dans mon précédent billet.
Après l’étape du “vous avez mal entendu ou compris” de l’intéressé lui-même, c’est toute la famille politique de l’UMP qui monte au créneau pour défendre le ministre de l’Intérieur, tous avec des arguments plus fallacieux les uns que les autres. Petit florilège :
[...] “Personne n’est à l’abri d’une plaisanterie sortie de son contexte. Nous sommes tous susceptibles de nous faire piéger”, a-t-il toutefois observé.
[...]“C’est un procès d’intention” qui a été fait à Brice Hortefeux, “un procès en sorcellerie avec une opposition qui essaye d’utiliser tout ce qui passe devant elle pour détruire”, le porte-parole du PS n’ayant “pas hésité à demander la démission” du ministre, a dénoncé Frédéric Lefebvre lors d’un point presse. “Cela s’appelle des procès staliniens”, a-t-il lancé.
[...]
“C’est une affaire montée de toutes pièces. Cela doit servir de leçon à tous les hommes et toutes les femmes politiques. Dans la société de l’immédiateté et de l’instantané où internet est roi, il ne doit pas y avoir de moments de relâchement ou de moments d’humour qui peuvent être ensuite interprétés”, a regretté le porte-parole de l’UMP. [...]
[...]Claude Guéant avait jugé “injuste” d’accuser Brice Hortefeux “de racisme”, tandis qu’Henri Guaino s’était ému qu’il n’y ait “plus d’intimité, plus de discrétion”.
Dimanche, Eric Besson, qui a succédé à M. Hortefeux à la tête du ministère de l’Immigration, a assuré que son collègue n’avait “rien de raciste”. “C’est quelqu’un qui est humaniste (…), qui est pétri dans son histoire personnelle de catholicisme social”, a-t-il dit, en qualifiant “le procès” fait au ministre de l’Intérieur d’”excessif”, “injuste” et “très déplacé”.
[...]
Dimanche, Fadela Amara (Ville) a appelé à ne pas occulter les “vrais débats de fond” comme les suicides à France Telecom au profit de “polémiques totalement stériles”.
[...]
Patrick Devedjian (Relance) a regretté qu’on ne “puisse plus se permettre de faire des blagues ou des plaisanteries dans la société fournie de commissaires politiques abondants que nous connaissons de plus en plus”.
A moins de vivre dans votre bulle ou sur une île déserte, vous avez forcément entendu parler ces derniers jours de la vidéo où l’on voit et entend Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, faire une plaisanterie à haute teneur en racisme à l’égard d’un jeune présent à l’université d’été de l’UMP.
Si on ne peut que désapprouver, et même condamner de tels propos, il y a quand même un peu trop de gens qui jouent les étonnés. C’est pas comme si Hortefeux en était à son premier coup d’éclat. Et surtout ce n’est pas non plus d’aujourd’hui qu’un parti de droite accueille en son sein toutes sortes de réactionnaires rétrogrades. L’UMP, ce n’est pas le parti le plus ouvert d’esprit qui soit, et pour bien comprendre que l’UMP c’est aussi le parti de tous les racistes et fascistes qui n’ont pas les couilles d’assumer leurs idées, je vous renvoie à un reportage d’Envoyé Spécial (que j’aimerais retrouver d’ailleurs) tourné entre les deux tours de la présidentielle de 2002, qui montrait déjà à l’époque comment le parti du président sortant et candidat Chirac chassait sur les terres idéologiques du Front National.
Par contre, ce qui est vraiment étonnant pour le coup, c’est que presque personne ne réagisse sur le système de défense de Brice Hortefeux, à savoir “je parlais pas des Arabes mais des Auvergnats”. Alors bien sûr, à la vue des images et du contexte, ça ne tient pas deux secondes, ça tout le monde le dit. Mais posons-nous un moment et analysons. En quoi exactement cela serait-il moins grave s’il était question des Auvergnats et non des Arabes ? Dire au sujet des Arabes que ça va quand il y en a un mais que quand ils sont plusieurs il y a des problèmes, ça serait inacceptable, mais ça serait tout à fait normal pour les Auvergnats ? Balancer des stéréotypes et s’en prendre à une identité régionale, ça ok, mais on avait dit pas les groupes ethniques ! Moi je serais Auvergnat, je collerais un procès en diffamation à Hortefeux et lui demanderait de prouver que quand il y a plusieurs Auvergnats il y a des problèmes. Ou alors c’est bon ? Finalement on a le droit de dire que les gens du Nord sont chômeurs, consanguins et pédophiles ?…
Le business écolo bat vraiment son plein en ce moment! Pour se donner bonne conscience et avoir l’impression de faire un geste pour l’environnement, on peut aujourd’hui s’acheter des stylos fabriqués à base de bouteilles d’eau recyclées :
Après tout, moi je dis que si y a des gens assez cons pour se faire encore avoir par ce genre de marketing ultra opportuniste, tant pis pour eux.
Mais le problème c’est que la mode écolo a réveillé un truc endormi depuis longtemps, le genre de monstre qu’il ne faut surtout pas réveiller. J’ai nommé la chanson de stars qui se mobilisent pour une cause !!!
Terrible, mais vrai, jugez plutôt :
Alors moi je veux bien payer la taxe carbone et tout ça, mais en contrepartie j’exige un engagement écrit qu’on arrêtera le massacre de tubes des années 80 pour les recycler (même si c’est écolo-propre du coup) en grosses bouses d’aujourd’hui.
Tu vas voir que bientôt Michael Jackson va nous refaire une version de Heal The World. Ah ben non, au moins ça non…
Mardi, en Italie est mort à 85 ans Mike Bongiorno, présentateur vedette de la télévision italienne, télévision qu’il avait largement contribué à créer, avec sa participation dès 1953 à la première transmission de la RAI, très longtemps donc avant la mainmise de Berlusconi sur les médias du pays. En bref, c’était un peu le Léon Zitrone italien.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce personnage, du bon et du moins bon, mais ce qui est sûr, c’est qu’il savait ne pas se prendre trop au sérieux, comme avait su le démontrer ces dernières années sa connivence avec un autre présentateur vedette, beaucoup plus jeune, Rosario Fiorello, star de la radio transalpine.
Pour le prouver, voici une pub tournée pour une offre de téléphonie mobile italienne (je traduis la pub ci-dessous).
“Cher Mike, nous sommes inutiles, cette offre se vend toute seule!
- Alors arrêtons de nous déguiser!
- Avec une offre comme celle-ci, écoute! [voix off] Mais oui, ça suffit les déguisements!
- Tu as tout à fait raison, moi je me suis levé ce matin et je suis venu ici directement comme je suis, ‘nature’!
- Je peux te dire une chose Mike? A mon avis, tu as mis trop de gel.
- Mais non, c’est mon shampooing aux herbes!
- Shampooing aux herbes?… Qu’est-ce que tu as fumé??”
Allez, une dernière pour la route, mais comme j’ai la flemme je ne traduis pas :
Cette simple phrase : “Y a un moment, faut arrêter !” restera sans doute comme le slogan de cette année 2009, et probablement même au-delà. Jusqu’à ce qu’on trouve à quel moment exactement il faut arrêter… Et pourquoi pas ce qu’il faut arrêter…
Je me souviens parfaitement du moment où j’ai pris cette photo durant mes congés cet été :
C’était au château du Haut-Koenigsbourg en Alsace. Je me suis penché par dessus un rebord de fenêtre pour faire cette photo, et j’ai immédiatement ressenti l’appel du vide, comme une sorte d’obligation physique de me jeter sur les pierres en contrebas, ou plutôt de me laisser happer, un accès de vertige quoi. Certains appelleront ça une pulsion suicidaire.
Je me souviens aussi avoir immédiatement pensé que c’était vraiment dommage de mourir de manière aussi accidentelle et impromptue, avant de me rendre compte que la mort l’était quand même souvent, impromptue. On meurt rarement de manière programmée (sur son grand ordinateur…) Et j’ai trouvé ça très con de partir comme ça. Je me suis alors imaginé que ça serait bien, à l’instant de mourir, de pouvoir écrire une dernière lettre, un dernier message, “pour ceux qui restent” comme on dit.
Mais bizarrement, à cet instant, ce n’était pas à laisser un mot à ceux que j’aime que je pensais, mais bien à régler mes derniers comptes avec tous ceux qui m’ont fait du mal, histoire de bien leur dire une dernière fois que, même devant la mort, je ne pardonnais pas les souffrances et les trahisons…
Puis j’ai continué ma visite, obsédé par cette chanson de Sparklehorse et Danger Mouse (produite par David Lynch et avec Wayne Coyne des Flaming Lips au chant) intitulée “Revenge” :
‘Cause you can’t hide what you intend
It glows in the dark
Once you’ve sought
The path of revenge
There’s no way to stop
And the more I try to hurt you
The more it hurts me
Au cours des 15 jours qui viennent de s’écouler, j’ai été pour la première fois de ma vie amené à faire passer des entretiens d’embauche, pas encore en tant que recruteur, mais en tant que consultant extérieur. La nuance est de taille puisque le choix final ne m’a pas appartenu, mon avis n’étant que consultatif. Malgré tout, faire passer des entretiens d’embauche est une expérience particulière, surtout quand on en passait soi-même il n’y a pas encore si longtemps…
Voici quelques réflexions que je me suis faites à cette occasion :
Je n’aurais jamais imaginé que le stress et la tension d’un candidat puissent se ressentir autant lors d’un entretien. J’ai eu envie d’aller m’excuser auprès de plein de recruteurs pour le malaise que j’avais dû installer dans la pièce où ils m’avaient fait passer des entretiens.
Cuisiner un type qui aurait plus ou moins l’âge d’être mon père en lui posant des questions pour vérifier ses aptitudes à occuper un job… Mais qui suis-je pour prétendre me permettre de faire cela ?
Voir des gens ayant obtenu des diplômes de 3ème cycle, du genre master, parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour passer des entretiens sur des jobs rémunérés au SMIC, et parfois à temps partiel (soit 700€ net par mois dans certains cas), donne une assez bonne idée de la santé excellente du marché de l’emploi en France…
Il faut bien avouer qu’il n’est pas si simple de faire totalement abstraction du physique des candidats. Et disons qu’à qualités et compétences égales, mon choix se sera systématiquement porté sur celui qui m’aura laissé la meilleure impression visuelle. Là où ça devient dangeureux, c’est quand l’impression visuelle est synonyme de beauté d’une candidate. La tentation est alors grande d’en faire un argument pour défendre une candidature. Pour l’instant je peux dire que c’est resté une tentation…
En ce vendredi, je vous conseille la découverte du clip très WTF du groupe Omaha Bitch, clip que j’ai pour ma part découvert durant le festival Rock en Seine 2009.
J’y étais, j’ai filmé (je sais c’est pas bien), j’ai pris des risques pour ça (c’est surtout mon Canon G10 qui a pris des risques), mais ça en valait la peine ! Ce groupe et les mecs qui le composent sont tout simplement des légendes vivantes du rock.